Carnet de route – Jour #2

La météo ? Une bagatelle ! Le croqueur s’adapte et veille à agir en souplesse sur l’asphalte (on ne rapporte qu’un seule rencontre fortuite avec un talus). Non, la pluie n’altère pas le moral et le jour 2 est aussi dense que le jour 1, avec potée, gâteau à l’ananas et bière locale au menu. Balade à Saint-Malon-sur-Mel et Gaël.

Gaël. Devant l’ancien presbytère devenu Ehpad, quatre mobs. Ce sont celles de Lapin, Philippe H., Philippe K. et Yann. A l’intérieur, ambiance goûter. Tous les résidents sont venus rencontrer les dessinateurs. La conversation est parfois décousue, mais la curiosité et le plaisir sont perceptibles. Quelques-uns égrènent des souvenirs, évoquant un métier. Cultivateur, couturière… Au bout de la table, Yann croque Yvonne, 93 ans, et livre avec l’ancienne commerçante une joute amicale. « Merci d’avoir fait ma trogne ! » lui lance-t-elle, amusée.

En haut du bourg, près du château d’eau, Bénédicte, Frédérique et Cédrine – qui vient de rejoindre la tribu – capturent le formica d’une chaise, le métal d’une cage, la géométrie d’un paravent dans l’atelier de l’artisan-designer, Anouchka Potdevin, avant qu’elle ne s’envole pour New-York. Puis retour dans le bourg, où la quincaillerie Guillouet est un sujet généreux. Petite vitrine élégante, meubles de métier au bleu délavé, parquet encaustiqué, l’endroit est un capharnaüm que Charlie, le boutiquier, fait vivre presque chaque jour de 18h30 à 20h.

Saint-Malon-sur-Mel*. Francis Monnerais, figure locale, est un conteur hors-pair. Ancien électricien, il a coutume de se présenter ainsi :  » Je suis un conteur en phase, toujours au courant de tout ! ». La famille Monnerais accueille les croqueurs autour d’une potée vantée comme « succulente« . A la boulangerie Brulard, les enfants guettent les mobylettes, impatients. Joyeux ensemble de frimousses que Viviane, Guillaume, Tazab et Yannick s’empressent de croquer.

Soirée à la brasserie de Gaël, concert et bière locale. Un peu avant 23 heures, les croqueurs déboulent et pillent le stock de sous-bocks. Ce soir, le mot d’ordre c’est Croq and sous-bock !. Pas un client qui n’échappe au crayonné toujours sagace et perspicace. Chacun son style, bavard ou silencieux, mais hyper-concentré. Le moment se prête à la caricature pour ceux qui maitrisent la manière. Il y a aussi le croqueur qui croque le croqueur qui croque le patron du bar. Il parait que 300 sous-bocks seront dérobés au tenancier, afin d’alimenter l’after. Mais ça c’est du off… !

* Images à venir.

Crédit photos © Pascal Glais

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