Carnet de route – Jour #3

Un dimanche en Brocéliande comprend généralement un tour au marché de Plélan, une flânerie dans les rues de Paimpont et une balade en forêt. Le croqueur qui ne redoute ni la pluie, ni la fatigue, a respecté l’usage. Boulimique, il quitte le Villeu Giffard avant midi sans demander son reste. Il y a encore tant à dessiner !

Le marché de Plélan-le-Grand vaut une infidélité à la feuille de route. L’endroit est follement fréquenté, en toutes saisons, en toutes circonstances météorologiques. La diversité des genres et les étals bigarrés invitent à dégainer le carnet, les crayons et les palettes. En terrasse, les croqueurs retrouvent des visages amis croisés à Concoret. Ce qui tend à prouver qu’ils sont déjà ici chez eux… Les marchands remballent, les croqueurs démarrent.

Entre Plélan et Paimpont, le charme de la D773 opère. Ceux qui la connaissent vous diront combien elle est saisissante. Un groupe succombe. Cette chronique pourrait s’intituler : « Tu vois Tazab, le godet vert forêt, il a servi… ». Parce que ça les démangeait, les croqueurs ! Besoin de chlorophylle. A force de la frôler, ils finissent donc par s’y engouffrer. La forêt n’a pas vu ça depuis longtemps, plus accoutumée aux cueilleurs de champignons, aux familles en bottes, aux chasseurs à courre ou aux druides irréductibles. Mais des mobs s’égarant dans ses chemins… Après les pétarades, la poésie. Choisir un point de vue, définir son sujet, installer son atelier personnel et plonger. Tous les verts sont dans la nature. Anglais, de prusse, mousse, menthe à l’eau, lichen, impérial… Par touches sensibles ou franches.

Les croqueurs entrent enfin dans Paimpont, tels des faunes modernes, casques rehaussés de fougères et de branches. La rue du Général de Gaulle a les préférences de la horde. Toutes les approches sont envisagées. Historique, sociologique, architecturale… On joue les promeneurs du dimanche, en s’attardant longuement.

Pendant ce temps, au château de Comper, Guillaume fait une visite dessinée, habitée par un souvenir d’enfance. Dans sa poche, un polaroid. Le petit Guillaume pose près de l’étang, dans une salopette bleu marine et protégé par un bonnet de laine. C’était bien avant sa première mob…

cf.

© Crédit photos Pascal Glais

Publicités