Carnet de route – Jour #8

Férié à Gaël, Clou du Croq. Huitième et dernier jour du premier Croq and Mob qui affiche un air chevronné alors qu’il est tout juste sorti du ciboulot de Luc. Aujourd’hui, on montre, on partage, on fait la fête. Combien serez-vous ? 200 ? 500 ? Celui qui a tenté une estimation s’est mis le doigt dans l’œil. Un signe fort : nous savons depuis hier que des rennais feront le déplacement. Quand la ville vient ici… Sur le web, ça palpite crescendo, jour après jour. Et, ce vendredi midi, sur la radio de service public, Philippe Bertrand nous offre un clin d’œil inattendu dans « Carnets de campagne ». C’est à ce moment-là que nous avons cessé de toucher le sol.

Croquignolette, la cour de l’ancienne école publique est sur son trente-et-un. Les Amuseurs de la Gaëllerie sont prêts. Un dernier détail, la signalétique dans le bourg, elle sera minimale mais sans doute utile. La Galoupe fait ses gammes sous le préau. Les 4 rennais d’Atelier Vandale ont fait la route ce matin, chevauchant des mobs chics et rutilantes qui attendent sagement l’écurie Croq and Mob.

Dans la salle de réunion transformée en salle d’expo, les murs vert opaline démangent un brin. « Ça me rappelle la Tunisie… » dit Bénédicte. Finalement, elle n’est pas si mal cette couleur. En haut du bourg, dans le bureau de Nadia, le traceur n’a pas fini de livrer les kakémonos –  un par artiste avec une sélection de ses dessins. L’expo doit ouvrir à 15 heures. « A 16 heures plutôt ? » 16 heures, c’est mieux. Une file d’attente s’est déjà formée. C’est Orsay, c’est le Louvre, c’est notre Grand Palais ! Quand les portes s’ouvrent, la petite salle se remplit plus vite qu’un bock de bière.  Jusqu’au bout de la nuit, prodigieux de patience et de gentillesse, les dessinateurs accueillent, échangent, racontent, répondent. Qui ils sont, d’où ils viennent, pourquoi ils sont venus, est-ce que c’était bien, est-ce qu’ils avaient fait de la mobylette avant, comment ils vont, est-ce qu’ils reviendront.

Dehors, une gaité contagieuse enveloppe la belle affluence intergénérationnelle. Les habitants des 5 communes « Croq and Mob » découvrent le journal. On reconnait un ami, un voisin, une maman. De page en page, on voyage chez nous. Sourires. C’est bien, chez nous.

Des enfants ont apporté leur carnet de croquis. Sur une marche, une petite fille – très concentrée – dessine. Devant la salle d’expo, Luc – très assiégé – dessine. Sous le chapiteau, des carnettistes venus d’ailleurs – très passionnés – dessinent aussi. Gaël, capitale du dessin.

Le long de la bibliothèque, les mobs font les belles. Détaillées, comparées, caressées, elles raccommodent des souvenirs de virées adolescentes. Dans la foulée, des projets revival s’envisagent. Pourquoi pas.

Les croqueurs surgissent, casqués, une horde chaloupante emmenée par le capitaine Perez déchainé. Discours : « Au début, on nous a dit… des dessinateurs… à quoi ça sert ?… «  Remerciements à ceux qui y ont cru. Luc donne le départ du cadavre exquis. Relais à dos de Suzette et de Bouffeur de goudron, deux joyaux prêtés par Atelier Vandale. Les croqueurs composent ensemble un grand dessin joyeusement décousu.

Les notes de la Galoupe nous emmènent jusqu’au milieu de la nuit, les fûts se vident, les muscles se relâchent. Une dernière valse. Et un dernier regard au fond de la cour. Avant de rentrer à Brest, Guillaume a offert à l’assemblée une performance graphique émouvante. Maintenant, l’immense portrait de Cabu nous enveloppe. Nous chamboule chaque fois que nous croisons son regard rieur… On l’a fait, Cabu, on l’a fait !

cf.

 Crédits photos © Pascal Glais

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