Croq and Mob 2016 – Jours 0 et 1 – Alors ils arrivent

Le tourbillon des jours d’avant : affûter les mobs, remplacer les pièces, dresser le tipi, poser les caravanes, arranger les chambrées, couper du bois – beaucoup -, construire un paddock, écrire des mails – beaucoup -, passer des appels – beaucoup -, remplir des caddies, préparer le bouquet final, fabriquer des pancartes, distribuer des affiches, coudre des taies de traversin, repeindre le ciel en bleu. Et l’évidence qui saute au cou. Maintenant, il faut qu’ils arrivent. Avec leurs carnets, leurs dessins, leur talent cosmique, leur puissance de feu. Parce qu’ici, on fait des ronds autour de nos listes comme des carpes koï dans leur bassin. Pas tout à fait prêts, mais on n’en ferait pas davantage. Signe que, malgré le trac qui nous étreint à pas régulier, on n’ira pas plus loin sans les dessinateurs. Il faut qu’ils arrivent.

Alors ils arrivent.

Croq-and-Mob-2016©Pascal-GLAIS

En train, en avion, en auto, en blabla, à pied. Ponctuels. C’est beau de les imaginer, convergeant vers un Villeu-Giffard niché au fond de la campagne de Gaël, comme attirés par une merveille du monde. Il  faut la voir pour la croire, cette audace collective autour du dessin à mobylette… Retrouvailles, embrassades, accolades, hululements, présentations, les croqueurs 2015 font trait d’union avec les croqueurs 2016, ils s’accordent en un tour de main. On sort les huîtres, le vin du minervois, le saint-nectaire, le lomo, les dessins et les toiles réservées aux hôtes. Home sweet home.

Tombée de nuit. Départ pour le Thélin où attendent les mobs révisées par Alban. Chez Claude, l’ami parti il y a quelques semaines, elles font les belles. Le moment du choix se vit comme un rituel. A l’impatience succède une certaine concentration. La mob, afin qu’elle devienne « ma » mob, doit être élue. Possible qu’il y ait des infidélités, on dira qu’on s’était mal choisis et on continuera la route avec une autre. La scène est une merveille. Elle pourrait nous tirer les larmes… Soudain, ils s’échappent. Façon volée de moineaux, style comète de Halley. Se moquant bien du risque de s’égarer en forêt, absorbés par l’envie de faire vrombir la machine, de mettre les gaz et d’ouvrir le bal.

La soirée sera belle, évidemment. Au pied de la cheminée, quand les premiers carnets sortiront, nous aurons le cœur qui se retourne. Pourvu que le temps ne passe pas trop vite. Car si nous avons une propension au rêve, nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, nous savons bien que cette 2e édition sera différente. Mais éperdument différente et nous en serons dingues.

Dimanche. Jour de marché à Concoret. Les habitués comptent les années passées sans un franc soleil sur cette fête du 1er mai et on célèbre celui que la journée nous offre. Les dessinateurs ont débarqué dans la matinée. Tombés du lit, endiablés, ils ont foncé. Dans les rues du bourg, chacun choisit son point de vue, son sujet, le plus stimulant, le plus insolite, le plus poétique. Des attitudes, des façons d’être, des métiers, des beaux yeux, des drôles de bidules et tout un monde. Autour d’une tablée où ils cuisent au soleil, ils remplissent leurs carnets, tout en faisant la conversation. Un art. Dans ce tohu-bohu, Lolmède découvre à ses dépens la notoire différence entre les korrigans et les trolls. Les premiers – bretons – n’ayant absolument rien à voir avec les seconds, vaguement normands et transfuges. Représailles évitées de justesse, faut pas rigoler avec la terre de légendes.

Fin d’après-midi paimpontaise pour une partie de la team. Comme chez elle à la terrasse du Brécilien. Le temps de réaliser un portrait officiel de mob, de capturer d’authentiques mimiques, d’assister à l’arrivée du RCB RUGBY PAIMPONT de retour du championnat de Bretagne et joyeusement vainqueur, d’étudier d’intéressantes silhouettes, d’y apporter des couleurs, un mouvement, un trait discret ou généreux, provisoire ou définitif.

A Concoret, le soir approche. Viviane se lance dans une gavotte (ou un an dro, allez savoir), dont elle saisit le tempo sans effort. Fin du morceau, elle revient à son dessin, tandis que les mobs continuent de veiller sur Cédrine adossée au mur rouge. C’est exactement cela, l’ordinaire de Croq and Mob : naturel, sympa, désarmant et pétri de talent…

Photos © Pascal Glais

Vidéo : Coline, Agathe, Marylène, Alexandre, Gilles

 

 

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